Santé mentale en contexte humanitaire

20 mai 2026 · Humanitaire

Accompagnement psychosocial en contexte humanitaire

Le Tchad accueille des populations réfugiées, déplacées internes et retournées, exposées à des chocs, des pertes et une précarité durable. Ces réalités ont un impact majeur sur la santé mentale : anxiété, deuil, traumatismes, détresse sociale, tensions familiales. Accompagner ces souffrances demande une approche professionnelle, éthique et non stigmatisante.

Pourquoi le contexte humanitaire fragilise la santé mentale

  • Violence, conflits et menaces vécues avant ou pendant le déplacement
  • Perte de proches, de biens, de statut social et de repères culturels
  • Conditions de vie difficiles (logement, nourriture, accès aux soins)
  • Incertitude sur l’avenir, séparation familiale, isolement
  • Stigmatisation et difficultés d’intégration dans les communautés d’accueil

Ces facteurs ne « créent » pas toujours un trouble mental diagnostiqué, mais ils augmentent fortement le risque de détresse psychologique et de difficultés de fonctionnement.

Accompagner la détresse humanitaire, ce n’est pas « étiqueter ». C’est restaurer la dignité, la sécurité émotionnelle et l’accès à des soins adaptés.

Quels besoins prioritaires ?

Soutien psychosocial de base

Écoute active, information claire, orientation, espaces sécurisés pour les enfants et les femmes, activités communautaires qui réduisent l’isolement.

Accompagnement spécialisé

  • Deuil, traumatisme, anxiété, dépression
  • Violences basées sur le genre et leurs séquelles psychologiques
  • Difficultés des enfants et adolescents (sommeil, peurs, scolarité)

Renforcement des acteurs de terrain

Agents de santé, travailleurs sociaux, enseignants, bénévoles communautaires : ils ont besoin de formation pour détecter la détresse, écouter sans nuire et orienter correctement.

Principes essentiels d’intervention

  1. Ne pas nuire — éviter les interrogatoires traumatisants et les pratiques non éthiques.
  2. Confidentialité — protéger l’identité et l’histoire des personnes.
  3. Consentement — expliquer clairement l’accompagnement proposé.
  4. Approche culturelle — respecter les langues, croyances et ressources communautaires.
  5. Coordination — travailler avec les structures de santé et les partenaires humanitaires.

Le rôle de l’ATPCP

L’Association Tchadienne des Psychologues Cliniciens et Psychopathologues contribue à la réponse nationale aux côtés des institutions et partenaires — notamment le Ministère de la Santé publique, l’OMS, le HCR (UNHCR), l’UNICEF, le PAM et d’autres acteurs — dans le respect de l’éthique et du cadre professionnel.

Concrètement, l’ATPCP peut contribuer à :

  • La sensibilisation contre la stigmatisation des personnes en détresse
  • La formation et le renforcement des capacités des professionnels
  • L’orientation vers des psychologues cliniciens et psychopathologues qualifiés
  • Le plaidoyer pour une santé mentale digne et accessible

Ce que chacun peut faire

  • Écouter sans juger une personne réfugiée, déplacée ou retournée en souffrance
  • Éviter les rumeurs et les étiquettes humiliantes
  • Orienter vers une structure de santé ou un professionnel formé
  • Soutenir les initiatives communautaires de bien-être psychosocial
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